Ma philosophie du lifting

Pourquoi est-il devenu si difficile de comprendre les différentes techniques de lifting ?
Je pense qu’aujourd’hui beaucoup de patients sont perdus lorsqu’ils cherchent des informations sur le lifting du visage. Il me paraît donc utile de faire une mise au point claire sur les différentes techniques, leurs indications et leurs limites.
Mais on ne répétera jamais assez qu’aucun texte, aussi complet soit-il, ne peut remplacer une consultation. Seul un examen précis du visage permet de donner un avis réellement éclairé et personnalisé.
Cette mise au point est volontairement assez détaillée, car le lifting du visage est une chirurgie complexe dont le résultat dépend de nombreux facteurs : la qualité de la peau, les volumes, la répartition de la graisse, les structures profondes, le cou, l’ovale, l’anatomie propre à chaque patient, mais aussi ses attentes.
Je suis professeur, et transmettre et expliquer font partie de mon métier. J’ai donc voulu faire ici un exposé aussi pédagogique que possible, mais également, je l’espère, rigoureux et scientifique, afin de permettre à chacun de mieux comprendre les principes du lifting, les différentes possibilités chirurgicales et leurs limites.
Comprendre le lifting, c’est donc comprendre qu’il n’existe pas une technique unique applicable à tous, mais une stratégie à construire pour chaque visage.
Ils entendent parler de Deep Plane, de High-SMAS, de lifting du SMAS, de mini-lift, de lifting vertical, de lifting temporal ou encore de lifting cervico-facial. Une technique est parfois présentée comme supérieure aux autres, tandis qu’un autre chirurgien défendra une approche différente.
Pour moi, c’est en grande partie un faux débat.
Il n’existe pas de technique de lifting universellement supérieure aux autres. La véritable question est de savoir quelle technique, ou quelle association de techniques, sera la mieux adaptée au visage que j’ai devant moi. C’est l’anatomie du patient, la manière dont son visage a vieilli et le résultat recherché qui doivent guider mon choix, et non la préférence pour une méthode particulière. La véritable question est :
quelle est la meilleure technique pour le visage que j’ai devant moi ?
Je considère qu’un chirurgien qui pratique régulièrement la chirurgie du rajeunissement facial doit connaître et maîtriser toutes les techniques de lifting. C’est cette maîtrise qui lui donne la liberté de choisir la technique adaptée au patient, plutôt que d’essayer d’adapter tous ses patients à la technique qu’il pratique le plus volontiers.
Le Deep Plane, le High-SMAS, le lifting du SMAS, le lifting cervico-facial, le lifting temporal, le lifting du tiers moyen ou le mini-lift ne sont pas, pour moi, des philosophies opposées.
Ce sont des outils différents.
Et plus le chirurgien possède d’outils, plus il peut construire une intervention véritablement personnalisée.
Je ne pars donc jamais du nom d’une technique.
Je pars du visage.
Mon objectif est de rechercher, pour chaque patient, le résultat le plus efficace possible tout en restant dans le naturel, en préservant ses expressions, ses proportions et surtout son identité.
LE LIFTING SUR MESURE
Ce n’est pas le patient qui doit s’adapter à ma technique : c’est ma technique qui doit s’adapter au patient.
Quelle est ma philosophie du lifting ?
Ma philosophie est celle d’une chirurgie sur mesure.
Chaque visage est différent. Nous ne vieillissons ni au même âge, ni de la même manière, ni dans les mêmes régions.
Chez une personne, le problème principal sera la descente des joues et l’apparition des bajoues.
Chez une autre, ce sera principalement le cou.
Chez une autre encore, les pommettes et les tempes se seront creusées alors que le bas du visage se sera alourdi.
Le vieillissement peut également concerner les paupières, les sourcils, la lèvre supérieure ou plusieurs de ces éléments simultanément.
Je ne considère donc pas qu’il faille appliquer systématiquement la même opération à tous les patients.
Mon rôle est d’abord de comprendre comment ce visage particulier a vieilli, puis d’identifier ce qu’il faut réellement corriger et, tout aussi important, ce qu’il faut préserver.
La technique vient ensuite.
Je choisis parmi les différentes techniques celle ou celles qui permettront d’obtenir le résultat le plus adapté au patient.
Je répète : Ce n’est pas le patient qui doit s’adapter à ma technique : c’est ma technique qui doit s’adapter au patient.
Existe-t-il vraiment une meilleure technique de lifting ?
Je ne le pense pas.
Il n’existe pas de technique de lifting universellement supérieure aux autres. Certaines techniques sont particulièrement performantes dans certaines situations anatomiques et moins pertinentes dans d’autres. L’essentiel est donc de savoir choisir la bonne technique pour le bon visage.
Le Deep Plane consiste à travailler dans un plan plus profond, sous le SMAS. Il permet de mobiliser ensemble différents tissus du visage et, lorsque cela est nécessaire, de libérer certains ligaments qui limitent leur déplacement. Cette approche peut notamment être intéressante lorsque je souhaite obtenir une mobilisation importante des tissus de la joue et du bas du visage sans faire porter l’essentiel de la tension sur la peau.
Le High-SMAS repose sur un principe différent. Le travail et la remise en tension du SMAS sont réalisés plus haut sur la joue. Cette technique permet ainsi d’agir sur l’ovale et les bajoues, mais également sur les tissus de la joue et du tiers moyen du visage.
Un lifting du SMAS peut être parfaitement adapté à d’autres situations, notamment lorsque l’objectif principal concerne le relâchement du bas du visage et la perte de définition de l’ovale.
Chez certains patients, une intervention plus limitée peut suffire. Chez d’autres, au contraire, il faudra traiter simultanément plusieurs composantes du vieillissement : les joues, les bajoues, l’ovale, le cou, le platysma, mais aussi parfois un excès graisseux, une perte de volume ou le vieillissement des paupières.
C’est pourquoi je distingue toujours la région que je souhaite traiter de la technique que je vais utiliser pour la traiter.
Le terme « lifting cervico-facial », par exemple, désigne principalement les régions concernées par l’intervention : le bas du visage et le cou. Les termes SMAS, High-SMAS ou Deep Plane décrivent davantage le plan anatomique dans lequel le chirurgien travaille et la manière dont les tissus sont mobilisés et repositionnés.
Ces différentes techniques ne doivent donc pas être opposées comme s’il fallait nécessairement désigner une méthode gagnante. Elles constituent des outils différents qui répondent à des situations anatomiques différentes.
C’est précisément pour cette raison que je considère important de les connaître et de les maîtriser : si l’on ne dispose que d’une seule technique, on risque de vouloir l’appliquer à tous les visages.
Je ne choisis donc pas une technique parce qu’elle est récente, médiatique ou à la mode. Je la choisis parce qu’elle est adaptée à l’anatomie du patient, à la manière dont son visage a vieilli et au résultat que nous recherchons ensemble.
La meilleure technique n’est finalement pas celle dont on parle le plus : c’est celle qui est la mieux adaptée au visage que j’ai devant moi.
Tous les visages permettent-ils d’obtenir le même résultat ?
Non, et je pense qu’il est essentiel de le dire clairement avant une intervention.
Certains visages sont naturellement plus favorables à un lifting que d’autres.
La qualité et l’élasticité de la peau, l’épaisseur des tissus, la quantité et la répartition de la graisse, la structure osseuse, la projection du menton, la définition naturelle de la mandibule, la position des pommettes, l’importance du relâchement et l’anatomie du cou influencent le résultat que l’on peut raisonnablement espérer.
Deux patients du même âge présentant apparemment les mêmes bajoues ne donneront donc pas nécessairement le même résultat après une intervention identique.
Certaines anatomies permettent d’obtenir une ligne mandibulaire particulièrement nette et un angle entre le menton et le cou très bien défini.
Chez d’autres patients, certaines caractéristiques anatomiques peuvent limiter cette définition, même lorsque la chirurgie est correctement réalisée.
Pour moi, c’est précisément l’un des rôles essentiels de la consultation.
L’expérience du chirurgien doit lui permettre d’évaluer le potentiel de chaque visage et d’expliquer clairement au patient, avant l’intervention, le degré d’amélioration que l’on peut raisonnablement espérer, mais aussi les limites liées à son anatomie.
Je considère qu’il est aussi important d’expliquer ce que je pense pouvoir obtenir que ce que je ne pourrai probablement pas obtenir.
COMPRENDRE LE VIEILLISSEMENT DU VISAGE
Pourquoi le visage s’affaisse-t-il avec l’âge ?
Avec le temps, plusieurs structures du visage évoluent simultanément.
La peau perd progressivement de son élasticité, les ligaments suspenseurs peuvent s’allonger ou se distendre, les muscles changent de tonicité et certains compartiments graisseux descendent ou diminuent de volume.
L’ovale devient progressivement moins net.
Des bajoues apparaissent, les sourcils peuvent s’abaisser, les paupières supérieures devenir plus lourdes et le cou se relâcher.
La descente des tissus accentue également certains plis, notamment le sillon nasogénien, entre le nez et la bouche, et le pli d’amertume, qui descend de la commissure des lèvres vers le menton.
Lorsque j’analyse un visage, je ne considère donc jamais son vieillissement comme un simple problème de peau.
Le vieillissement concerne simultanément la peau, la graisse, les muscles, les ligaments, les volumes et les structures profondes.
C’est cette analyse globale qui détermine ensuite ma stratégie.
Comment les volumes du visage se modifient-ils avec le vieillissement ?


Le vieillissement du visage ne correspond pas uniquement à une descente des tissus. Les volumes eux-mêmes se modifient, et ils ne se modifient ni de la même manière chez tous les patients, ni de la même manière dans toutes les régions d’un même visage.
C’est même l’un des paradoxes du vieillissement : certaines zones peuvent se creuser tandis que d’autres deviennent plus lourdes.
Les tempes, les pommettes, les joues ou certaines régions autour des yeux peuvent progressivement perdre du volume. À l’inverse, le bas du visage peut s’alourdir, avec un excès ou une redistribution de la graisse, notamment au niveau du bas des joues, sous le menton et dans le cou. La morphologie du patient, les variations de poids et certains facteurs génétiques interviennent également.
Cette modification de la répartition des volumes contribue à transformer progressivement les proportions du visage : le haut et le milieu du visage peuvent paraître plus creusés tandis que le bas devient plus lourd, l’ovale moins net et la ligne mandibulaire moins bien définie.
Lorsque j’analyse un visage, je ne raisonne donc pas uniquement en termes de relâchement. Je dois également observer la répartition des volumes : où en manque-t-il ? Où y en a-t-il trop ? Quelle part de l’aspect du visage est liée à la descente des tissus et quelle part est liée à la graisse elle-même ?
Le traitement peut alors répondre à trois principes complémentaires :
repositionner les tissus qui se sont affaissés ;
restaurer les volumes qui ont diminué ;
réduire les excès graisseux qui alourdissent certaines régions.
Le lifting permet principalement de repositionner les tissus. Le lipofilling permet de restaurer, avec la propre graisse du patient, certains volumes qui se sont perdus. À l’inverse, la liposuccion — ou lipoaspiration — permet de retirer un excès graisseux lorsqu’il contribue à alourdir le visage ou le cou.
Cette lipoaspiration peut être particulièrement importante au niveau du cou, de la région sous-mentale et, chez certains patients, du bas des joues. Elle peut alors constituer une part essentielle de l’intervention et participer de manière déterminante à la redéfinition de l’ovale, de la ligne mandibulaire et de la transition entre le visage et le cou.
Il est donc tout à fait possible, au cours d’une même intervention, d’enlever de la graisse dans une région et d’en ajouter dans une autre. Je peux, par exemple, réaliser une lipoaspiration du cou ou du bas des joues pour alléger le tiers inférieur du visage, tout en utilisant de la graisse pour restaurer certains volumes des pommettes ou des tempes.
Cela peut sembler paradoxal, mais c’est précisément le principe d’une chirurgie sur mesure : il ne s’agit ni d’enlever de la graisse partout, ni d’en ajouter partout, mais de rétablir une répartition plus harmonieuse des volumes.
Je dois donc déterminer, pour chaque patient, ce qui relève de l’affaissement des tissus, d’une perte de volume ou, au contraire, d’un excès graisseux. Ces phénomènes sont souvent associés, mais ils ne se traitent pas de la même manière.
Le lifting repositionne, le lipofilling restaure les volumes et la lipoaspiration allège les zones où la graisse est en excès. C’est leur association éventuelle, décidée en fonction de chaque visage, qui permet de construire une intervention véritablement personnalisée.
Que sont exactement les bajoues et pourquoi peut-il être préférable de ne pas trop attendre ?

Les bajoues correspondent à l’affaissement progressif des tissus du bas de la joue au niveau de la ligne mandibulaire. Elles constituent l’un des signes les plus caractéristiques du vieillissement du tiers inférieur du visage.
Au début, le phénomène est relativement simple : les tissus descendent et la peau commence à s’arrondir au-dessous de la ligne de la mandibule. L’ovale, qui était relativement continu, présente progressivement une petite convexité.
Avec le temps, cette convexité peut devenir de plus en plus importante et former une véritable poche de relâchement, ce que l’on pourrait comparer, de manière imagée, à une petite « cloque » de peau et de tissus qui déborde progressivement sous la ligne mandibulaire.
Cette évolution est importante à comprendre.
Tant que le relâchement reste modéré, les tissus peuvent généralement être repositionnés et la peau redrapée de manière relativement régulière.
Mais lorsqu’une bajoue est devenue très importante et qu’elle existe depuis longtemps, la peau n’est plus simplement relâchée : elle s’est progressivement distendue et a pris une forme arrondie. Elle n’est plus comparable à une surface plane que l’on pourrait simplement remettre en tension.
Même en repositionnant correctement les structures profondes, cette enveloppe cutanée très distendue ne retrouve pas nécessairement de façon parfaite la géométrie qu’elle avait auparavant. Plus la poche est importante et ancienne, plus il peut être difficile d’en faire disparaître complètement toute la convexité, notamment sans exercer une tension excessive sur la peau, ce que je cherche précisément à éviter pour conserver un résultat naturel.
C’est l’une des raisons pour lesquelles je pense qu’il n’est pas toujours souhaitable d’attendre que le relâchement soit devenu très important avant d’envisager un lifting, lorsque les bajoues constituent déjà une véritable gêne pour le patient.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille opérer précocement un visage qui n’en a pas besoin. Je n’opère pas un âge, j’opère une indication. Mais lorsqu’une bajoue est réellement constituée, qu’elle gêne le patient et qu’une indication chirurgicale existe, attendre de nombreuses années dans l’idée que le résultat sera exactement le même plus tard n’est pas nécessairement juste.
Il faut également comprendre que toutes les bajoues ne sont pas identiques. Leur aspect peut associer, dans des proportions variables, la descente des tissus, la distension de la peau et une composante graisseuse.
C’est pourquoi, lorsque j’examine un patient, je cherche à déterminer précisément ce qui constitue sa bajoue. Je peux alors repositionner les structures profondes, redraper la peau et, lorsqu’un excès graisseux participe à la lourdeur du bas du visage, associer une lipoaspiration ciblée.
Quelle est la différence entre les bajoues et les boules de Bichat ?

Il est important de ne pas confondre ces deux structures.
Les boules de Bichat sont des compartiments graisseux profonds situés au milieu des joues. Elles sont particulièrement développées pendant l’enfance et ont tendance à diminuer avec l’âge.
Les bajoues, au contraire, apparaissent principalement avec la descente des tissus du bas du visage.
Une bichectomie consiste à retirer une partie de la boule de Bichat afin de creuser une joue jugée trop ronde.
Je considère que cette indication doit être posée avec prudence.
Le visage perd naturellement du volume avec les années. Une réduction trop importante de cette graisse chez un patient jeune peut donc accentuer ultérieurement l’aspect creusé du visage.
En chirurgie esthétique, il faut toujours penser non seulement au résultat immédiat, mais également à la manière dont le visage continuera à évoluer.
LE COU ET LE BAS DU VISAGE
Pourquoi le cou se relâche-t-il avec l’âge ?

Le vieillissement du cou peut associer plusieurs phénomènes : relâchement de la peau, accumulation graisseuse, perte de définition de la ligne mandibulaire, relâchement musculaire et apparition de cordes platysmales.
L’angle situé entre le menton et le cou, appelé angle cervico-mentonnier, devient progressivement moins net.
Lorsque j’analyse un cou, je cherche donc à comprendre quelle structure est principalement responsable de son aspect.
Chez certains patients, le problème est essentiellement graisseux.
Chez d’autres, il est principalement cutané.
Chez d’autres encore, le platysma c’est-à-dire les muscles cutanés du cou joue un rôle important.
Très souvent, plusieurs de ces éléments sont associés.
Pourquoi la liposuccion peut-elle être très importante dans un lifting ?
Parce que la qualité du résultat ne dépend pas uniquement de la manière dont je remonte les tissus.
Chez certains patients, une quantité importante de graisse est située sous le menton, dans le cou ou dans certaines régions du bas des joues.
Cette graisse participe à la lourdeur du visage et masque la ligne mandibulaire.
Dans ce cas, réaliser un lifting sans traiter correctement cet excès graisseux pourrait repositionner les tissus tout en laissant persister une partie de la lourdeur.
Je peux donc associer au lifting une lipoaspiration — ou liposuccion — du cou, de la région sous-mentale et, lorsque cela est indiqué, de certaines zones du bas des joues.
Cette lipoaspiration peut permettre de mieux dégager la mandibule et de recréer une transition plus nette entre le visage et le cou.
Chez certains patients, elle représente un geste complémentaire relativement limité.
Chez d’autres, elle constitue une partie essentielle du résultat.
Là encore, tout dépend de l’anatomie.
Une liposuccion seule peut-elle suffire pour traiter le cou ?
Rarement, oui.
Lorsque le problème est essentiellement graisseux et que la peau conserve une bonne tonicité, une lipoaspiration peut parfois suffire.
En revanche, lorsque la peau est relâchée et que les structures profondes ont elles-mêmes perdu leur soutien, retirer uniquement la graisse ne suffit généralement pas.
Je dois alors associer la lipoaspiration à une remise en tension du cou et du bas du visage.
Que sont les cordes platysmales ?

Le platysma est un muscle superficiel du cou.
Avec l’âge, ses bords peuvent s’écarter ou devenir plus visibles et faire apparaître sous la peau des bandes verticales appelées cordes platysmales.
Lorsque ces cordes participent de manière importante au vieillissement du cou, je peux réaliser une platysmaplastie afin de remettre en tension ou de rapprocher les muscles.
Je ne réalise pas systématiquement ce geste.
Il doit répondre à une anomalie anatomique précise.
Je peux donc, selon les patients, être amené à combiner au niveau du cou plusieurs actions :
retirer la graisse excédentaire, repositionner ou remettre en tension le platysma, redéfinir la ligne mandibulaire et redraper la peau.
QUAND ENVISAGER UN LIFTING ?
À quel âge est-ce que je conseille un lifting ?

Il n’existe pour moi aucun âge strict.
L’indication dépend beaucoup plus du vieillissement réel du visage que de l’âge chronologique.
Chez beaucoup de patients, les premiers signes susceptibles de justifier un lifting apparaissent autour de la cinquantaine, notamment lorsque les bajoues deviennent visibles et que l’ovale perd sa netteté.
Chez d’autres, ces modifications apparaissent plus tôt.
Chez d’autres encore, beaucoup plus tard.
Je regarde donc le visage et non la date de naissance.
Lorsque le relâchement reste modéré, certaines techniques de médecine esthétique peuvent parfois permettre de repousser l’indication chirurgicale.
Mais lorsque les tissus sont réellement descendus, chercher à remplacer systématiquement la chirurgie par des injections aboutit à un visage trop rempli qui perd son naturel et à l’ excés peut devenir monstrueux.
Il existe donc un moment où le seul recours est la chirurgie pour avoir un résultat naturel
Peut-on faire un lifting trop tôt ?

Oui.
Je considère qu’un lifting n’a pas d’intérêt lorsqu’il n’existe pas encore de véritable relâchement.
Lorsque la peau reste tonique et que le problème concerne essentiellement une perte de volume ou certaines rides, je peux proposer des solutions moins invasives.
Une intervention chirurgicale ne doit jamais être indiquée simplement parce que le patient a atteint un certain âge.
J’adapte l’intervention à l’anatomie du patient et non simplement à son âge.
Peut-on faire un lifting à un âge avancé ?

Oui bien sûr. Il n’existe pas non plus de limite supérieure absolue.
L’essentiel est que l’état de santé permette une intervention et une anesthésie dans de bonnes conditions.
Lorsque j’évalue une indication, je m’intéresse donc à l’état général du patient, à son anatomie, à la qualité de ses tissus et à ses attentes.
L’âge seul ne suffit pas à déterminer l’indication.
Peut-on faire plusieurs liftings dans sa vie ?
Oui.
Un lifting ne bloque évidemment pas le vieillissement. Après l’intervention, le visage continue naturellement à évoluer et, plusieurs années plus tard, un nouveau relâchement peut apparaître.
Il est donc tout à fait possible de réaliser un deuxième lifting, voire d’autres interventions au cours de la vie si elles deviennent nécessaires.
Mais il existe pour moi un principe important : un premier lifting bien réalisé doit aussi préparer l’avenir.
Lorsque je réalise un premier lifting, je ne cherche pas seulement à obtenir le meilleur résultat possible à ce moment-là. Je dois également respecter les tissus, préserver au maximum leur vascularisation, éviter les tensions cutanées excessives et réaliser une chirurgie suffisamment précise pour ne pas compromettre une éventuelle intervention ultérieure.
Un lifting bien réalisé doit permettre, si le vieillissement le justifie plusieurs années plus tard, d’effectuer un deuxième lifting dans d’excellentes conditions chirurgicales.
C’est une notion importante, notamment chez les patients qui réalisent leur premier lifting relativement jeunes : il faut penser au visage tel qu’il est aujourd’hui, mais aussi à la manière dont il continuera à vieillir.
Lorsque j’opère un patient qui a déjà bénéficié d’un lifting, je cherche donc toujours à connaître précisément la technique utilisée, les zones qui ont été décollées, les structures profondes qui ont été traitées et les éventuels gestes associés. Une intervention antérieure modifie nécessairement certains plans anatomiques et doit être prise en compte dans la stratégie du nouveau lifting.
Mais un premier lifting correctement conçu et réalisé ne doit pas fermer la porte au suivant. Au contraire, il doit préserver autant que possible les conditions permettant de réintervenir de manière sûre et efficace si cela devient nécessaire avec le temps.
C’est aussi, à mes yeux, une manière de juger la qualité d’une chirurgie : obtenir un beau résultat aujourd’hui sans compromettre les possibilités de demain.
LES DIFFÉRENTES TECHNIQUES

Qu’est-ce qu’un lifting cervico-facial ou temporo-cervico-facial ?
Les termes lifting cervico-facial et lifting temporo-cervico-facial décrivent avant tout l’étendue du lifting, c’est-à-dire les différentes régions du visage et du cou que l’on souhaite traiter.
C’est une notion importante, car elle ne préjuge pas de la technique qui sera utilisée ni des tissus sur lesquels je vais intervenir.
Le lifting cervico-facial concerne principalement le bas du visage et le cou. Il permet notamment de traiter les bajoues, de redéfinir l’ovale et la ligne mandibulaire et de corriger le relâchement du cou.
Lorsque l’intervention s’étend également vers la région temporale et la partie plus haute du visage, on peut parler de lifting temporo-cervico-facial.
Ces termes indiquent donc essentiellement où je vais intervenir, et non comment je vais intervenir.
À l’intérieur de cette zone, je peux être amené, selon l’anatomie du patient, à travailler sur différentes structures : la peau, les plans profonds, le SMAS, le platysma, certains ligaments ou encore la graisse.
Je peux ainsi repositionner les tissus profonds, remettre en tension le SMAS ou le platysma, libérer certaines attaches lorsque cela est nécessaire, mais également retirer un excès graisseux par lipoaspiration, notamment au niveau du cou, de la région sous-mentale ou de certaines zones du bas des joues.
C’est pourquoi il faut bien distinguer l’étendue du lifting de la technique du lifting.
« Cervico-facial » ou « temporo-cervico-facial » indique principalement les territoires que l’on souhaite traiter. Les termes SMAS, High-SMAS ou Deep Plane décrivent davantage les structures anatomiques et les plans dans lesquels je vais travailler pour obtenir la correction souhaitée.
Cette distinction est essentielle pour comprendre pourquoi deux patients bénéficiant tous les deux d’un lifting cervico-facial peuvent en réalité être opérés selon des techniques différentes.
Mon objectif n’est donc pas simplement de décider de l’étendue du lifting. Je dois ensuite déterminer, à l’intérieur de cette étendue, quels tissus doivent réellement être traités et de quelle manière.
C’est encore une fois le principe de la chirurgie sur mesure : déterminer d’abord ce qu’il faut corriger, puis choisir les structures et les techniques qui permettront de le faire de la manière la plus efficace et la plus naturelle possible.
Qu’est-ce que le SMAS ?
Le SMAS, ou système musculo-aponévrotique superficiel, est une structure anatomique située sous la peau et la graisse superficielle du visage.
Il forme une sorte de trame fibreuse et musculaire qui participe au soutien des tissus du visage et accompagne les muscles superficiels de la face. Il se prolonge vers le bas avec le platysma, le muscle superficiel du cou.
Avec le vieillissement, le SMAS et les tissus qui lui sont associés peuvent progressivement se relâcher et descendre.
Lors d’un lifting, je peux donc être amené à remettre en tension ou à repositionner le SMAS, afin de replacer les tissus du visage dans une position plus harmonieuse, sans faire reposer toute la tension sur la peau.
Le SMAS est ainsi une structure anatomique importante du visage, sur laquelle il est possible d’agir de différentes manières selon le type de lifting réalisé.
Quelle est la différence entre un lifting cutané et un lifting du SMAS ?
Dans un lifting essentiellement cutané, la peau est décollée puis retendue.
Dans un lifting du SMAS, j’agis également sur les structures profondes.
Qu’est-ce qu’un High-SMAS ?
Le High-SMAS est une variante du lifting du SMAS.
La remise en tension est réalisée relativement haut sur la joue afin d’agir sur le bas du visage mais également sur une partie du tiers moyen.
Cette technique peut notamment améliorer l’ovale, les bajoues et la position des tissus de la joue.
Elle fait partie des possibilités techniques dont je dispose.
Qu’est-ce qu’un Deep Plane Facelift ?
Le Deep Plane Facelift, ou lifting facial profond, est une technique dans laquelle je travaille dans un plan situé sous le SMAS.
Une partie de la peau, de la graisse superficielle et du SMAS est mobilisée de manière relativement solidaire.
La technique consiste notamment à libérer certains ligaments de rétention afin de repositionner plus librement les tissus.
L’objectif est de mobiliser les structures profondes sans appliquer une tension excessive sur la peau.
Le Deep Plane est un outil très intéressant dans certaines situations.
Mais il reste un outil parmi d’autres et non une philosophie chirurgicale à lui seul.
Pourquoi libère-t-on certains ligaments dans un Deep Plane ?
Les ligaments de rétention participent à la fixation des tissus superficiels du visage aux structures profondes.
Lorsque je souhaite mobiliser davantage certains tissus de la joue, leur libération chirurgicale peut permettre un repositionnement plus important.
C’est l’un des principes permettant au Deep Plane d’agir notamment sur les bajoues, l’ovale et une partie du tiers moyen.
Cette chirurgie nécessite cependant une connaissance extrêmement précise de l’anatomie.
Le Deep Plane donne-t-il forcément un résultat plus naturel ?
Non.
Le principe du Deep Plane permet de limiter la tension appliquée directement sur la peau. Les tissus profonds sont repositionnés, puis la peau se redrape.
Cela peut contribuer à éviter une apparence excessivement tirée.
Mais une technique ne garantit jamais à elle seule le naturel du résultat.
Le résultat dépend de l’anatomie initiale, de la qualité de la peau, de l’importance de la correction, de l’exécution de la technique et surtout des décisions esthétiques prises.
On peut réaliser une technique très sophistiquée et obtenir un résultat excessif.
À l’inverse, une technique plus classique parfaitement adaptée au patient peut donner un excellent résultat.
Le naturel vient moins du nom de la technique que de la justesse de son indication et de son exécution.
Le Deep Plane est-il plus dangereux pour le nerf facial ?
Le Deep Plane utilise un plan chirurgical proche de certaines branches du nerf facial.
Il nécessite donc une connaissance particulièrement précise de l’anatomie.
Les progrès anatomiques ont permis de mieux définir les plans de dissection, mais le risque neurologique ne peut jamais être considéré comme nul.
Il s’agit d’une chirurgie exigeante.
Pour moi, cela rappelle pourquoi une excellente formation anatomique et chirurgicale est indispensable avant de pratiquer les techniques profondes.
La sophistication technique n’a de sens que si elle s’accompagne d’une maîtrise anatomique et d’une sécurité maximales.
Quelle est la différence entre un Deep Plane et un mini-lift ?
Ces deux termes ne décrivent pas exactement la même chose.
Deep Plane décrit principalement la profondeur et la manière dont les tissus sont mobilisés.
Mini-lift décrit davantage l’étendue de l’intervention.
Un mini-lift est généralement destiné à un relâchement plus modéré du bas du visage.
LES INTERVENTIONS ASSOCIÉES
Pourquoi faut-il parfois associer plusieurs interventions à un lifting ?
Parce que le vieillissement concerne rarement une seule structure.
Un lifting peut parfaitement repositionner les tissus du bas du visage mais ne corrigera pas nécessairement des paupières lourdes, des tempes creusées, une perte de volume des pommettes ou un excès graisseux du cou.
Je peux donc associer plusieurs gestes lorsque cela est nécessaire.
L’objectif n’est jamais d’accumuler les interventions.
Je cherche au contraire à réaliser ce qui est nécessaire, et uniquement ce qui est nécessaire, pour obtenir un rajeunissement cohérent du visage dans son ensemble.
Pourquoi associer une blépharoplastie au lifting ?
La blépharoplastie permet de traiter le vieillissement des paupières.
Elle peut concerner les paupières supérieures, les paupières inférieures ou les deux.
Lorsque le regard présente un vieillissement important parallèlement au relâchement du visage, il peut être logique d’associer une blépharoplastie au lifting.
L’objectif est alors de conserver une cohérence entre le rajeunissement du regard et celui du reste du visage.
Pourquoi associer un lipofilling au lifting ?
Parce que le lifting repositionne les tissus mais ne recrée pas nécessairement les volumes perdus.
Lorsque les tempes, les pommettes, les joues ou certaines régions autour des yeux se sont creusées, je peux utiliser la propre graisse du patient pour restaurer une partie de ces volumes.
Le lifting repositionne ; le lipofilling restaure.
Là encore, la quantité est essentielle.
L’objectif n’est pas de gonfler le visage, mais de restaurer les volumes nécessaires à son équilibre.
Pourquoi associer une liposuccion au lifting ?
La liposuccion peut être particulièrement importante lorsque le visage présente une surcharge graisseuse au niveau du cou, du double menton ou de certaines régions du bas des joues.
Elle permet de diminuer cette lourdeur et de mieux révéler les contours du visage.
Chez certains patients, elle représente l’un des gestes déterminants pour obtenir une belle définition de la ligne mandibulaire et du cou.
Pourquoi associer une platysmaplastie ?
Lorsque le muscle platysma participe de manière importante au relâchement du cou ou à l’apparition de cordes verticales, je peux le remettre en tension ou rapprocher ses bords.
Cette platysmaplastie peut compléter le lifting cervico-facial et la lipoaspiration lorsque cela est nécessaire.
Quelles autres interventions peuvent être associées ?
Selon l’anatomie et les objectifs du patient, je peux également associer un lifting temporal, une chirurgie du sourcil ou, dans certaines indications, un lip lift lorsque l’allongement de la lèvre supérieure participe au vieillissement du visage.
Ces gestes ne sont jamais systématiques.
Ils font partie de l’ensemble des outils dont je dois disposer pour pouvoir personnaliser réellement l’intervention.
LE CHIRURGIEN, LE PATIENT ET LE SENS ESTHÉTIQUE

La technique suffit-elle pour obtenir un beau résultat ?
Non.
C’est pour moi un point fondamental.
La maîtrise technique est indispensable.
Le chirurgien doit posséder une connaissance extrêmement précise de l’anatomie du visage, connaître les différents plans chirurgicaux, le SMAS, les ligaments, les muscles et les rapports avec le nerf facial.
Mais la maîtrise technique ne représente qu’une partie du résultat.
En chirurgie esthétique, savoir faire est indispensable. Savoir quoi faire et jusqu’où le faire l’est tout autant.
Une opération n’est pas seulement une succession de gestes techniques.
Il faut décider quelle région doit être corrigée, quelle région doit être préservée, dans quelle direction déplacer les tissus, quelle quantité de graisse retirer ou ajouter et quelle importance donner à chaque correction.
Pourquoi le sens artistique est-il si important pour moi ?
Parce que la chirurgie esthétique se situe à la rencontre de la médecine, de la technique et d’une appréciation esthétique.
Deux chirurgiens parfaitement compétents techniquement peuvent avoir une perception différente du résultat idéal.
L’un peut préférer une ligne mandibulaire extrêmement marquée, l’autre une transition plus douce.
L’un peut rechercher une remontée importante des pommettes, l’autre une correction plus discrète.
Je considère donc qu’un chirurgien esthétique doit posséder un sens des proportions, de l’équilibre et de l’harmonie du visage.
Lorsque j’opère, je dois savoir ce que je souhaite corriger mais également dans quelle proportion.
Je dois respecter certaines asymétries naturelles.
Et surtout, je dois savoir quand m’arrêter.
Dans un lifting naturel, la réussite ne se mesure pas à l’importance du changement mais à sa justesse.
Le goût du patient est-il important ?

Oui, absolument.
Je ne crois pas qu’il existe un modèle universel du « beau visage ».
Deux patients présentant exactement le même relâchement peuvent souhaiter des résultats différents.
L’un recherchera une correction extrêmement discrète et voudra simplement avoir meilleure mine.
Un autre souhaitera retrouver un ovale davantage défini.
Un autre accordera plus d’importance à son cou, à ses pommettes ou à son regard.
Je ne peux donc pas définir seul le résultat idéal.
Le résultat doit naître de la rencontre entre mon regard de chirurgien et le regard du patient sur son propre visage.
Je dois comprendre ce qu’il aime, ce qui le gêne, ce qu’il souhaite retrouver et surtout ce qu’il ne souhaite pas changer.
Comment définissons-nous ensemble le résultat ?
Pour moi, la consultation ne sert pas seulement à déterminer quelle opération est techniquement possible.
Elle doit permettre de construire une vision commune du résultat.
J’analyse objectivement l’anatomie : volumes, peau, relâchement, muscles, graisse, cou, regard et proportions.
Le patient m’explique sa propre perception de son visage et ses priorités.
Mon rôle consiste ensuite à traduire cette demande en une stratégie chirurgicale réaliste.
Je dois également expliquer les limites.
Et je dois parfois savoir dire non lorsqu’une correction me paraît excessive, artificielle ou incompatible avec l’équilibre général du visage.
Pour moi, une chirurgie réellement sur mesure repose donc sur trois éléments :
ce qui est anatomiquement nécessaire + ce qui est techniquement possible + ce qui est esthétiquement souhaitable.
AVANT L’INTERVENTION
Comment se déroule ma consultation avant un lifting ?
Je commence par analyser l’état de la peau, la graisse sous-cutanée, les volumes, les pommettes, les bajoues, l’ovale, la mandibule, le menton, le cou et le tonus musculaire.
J’analyse également, lorsque cela est nécessaire, les tempes, les paupières, les sourcils et les proportions générales du visage.
Je cherche surtout à comprendre précisément les attentes du patient.
Je discute également des cicatrices, de l’anesthésie, des suites opératoires, des risques et du résultat que je pense raisonnablement pouvoir obtenir.
Cette consultation est essentielle dans ma conception d’une chirurgie sur mesure.
Elle permet de déterminer non seulement comment je vais opérer, mais surtout ce que je dois réellement corriger et ce que je dois préserver.
Quels examens faut-il réaliser avant un lifting ?
Un bilan préopératoire est généralement nécessaire.
Une consultation avec l’anesthésiste est organisée lorsque l’intervention est réalisée sous anesthésie générale ou sous sédation.
Un bilan sanguin peut notamment permettre de vérifier certains paramètres, dont la coagulation.
Tous les traitements en cours doivent être signalés afin d’adapter la prise en charge.
Faut-il arrêter de fumer avant un lifting ?
Le tabac constitue un facteur de risque important pour la cicatrisation.
Il altère la vascularisation des tissus et augmente notamment le risque de retard de cicatrisation et de nécrose cutanée.
Un arrêt avant l’intervention est donc généralement recommandé et doit idéalement être poursuivi pendant la période postopératoire selon les recommandations données au patient.
Faut-il arrêter l’aspirine ou les anticoagulants ?
Tous les traitements susceptibles d’augmenter le risque de saignement doivent être signalés au chirurgien et à l’anesthésiste.
En revanche, un patient ne doit jamais interrompre de sa propre initiative un traitement qui lui a été prescrit.
Toute modification doit être décidée avec les médecins concernés.
L’INTERVENTION
Comment est-ce que je réalise concrètement un lifting ?

Le lifting peut être réalisé sous anesthésie générale ou, dans certaines situations, sous anesthésie locale associée à une sédation.
La technique exacte dépend du plan opératoire défini pour le patient.
Où se trouvent les cicatrices et comment préserver l’implantation des cheveux ?
Je cherche toujours à placer les cicatrices dans les zones naturellement les plus discrètes.
Elles peuvent commencer dans les cheveux ou à leur proximité au niveau de la tempe, passer autour de l’oreille, contourner le lobe puis se prolonger derrière l’oreille vers le cuir chevelu.
Une petite incision sous le menton peut également être nécessaire lorsque je dois traiter directement certaines structures du cou.
La position exacte des cicatrices dépend de la technique utilisée et de l’anatomie du patient, mais aussi de l’implantation et de la densité de ses cheveux.
C’est un point auquel j’attache beaucoup d’importance. En effet, dans un lifting, il ne suffit pas que les cicatrices soient discrètes : il faut également préserver autant que possible l’implantation naturelle des cheveux et leur densité autour des incisions.
Une cicatrice initialement bien placée peut devenir plus visible si elle modifie la ligne d’implantation des cheveux ou si elle s’accompagne d’une raréfaction capillaire à proximité, notamment au niveau de la tempe ou derrière l’oreille.
J’ai donc développé au cours de ma pratique des techniques destinées à préserver autant que possible les follicules pileux et à réduire au minimum la perte de cheveux autour des incisions.
Mon objectif est ainsi double : rendre les cicatrices aussi discrètes que possible et préserver l’implantation naturelle des cheveux, car ces deux éléments participent pleinement à la qualité esthétique du résultat.
Une cicatrice chirurgicale ne disparaît jamais complètement. Elle évolue cependant progressivement avec le temps et peut, dans de bonnes conditions, devenir très discrète.
Combien de temps dure l’opération ?

La durée dépend de la technique et du nombre de gestes associés.
Une intervention limitée sera naturellement plus courte qu’un lifting cervico-facial complet associé, par exemple, à une chirurgie du cou, une lipoaspiration, un lipofilling ou une blépharoplastie.
Je ne considère cependant pas la durée comme un objectif en soi.
Ce qui compte est de réaliser les gestes nécessaires dans de bonnes conditions de précision et de sécurité.
Combien de temps faut-il rester hospitalisé ?
Cela dépend de l’importance de l’intervention, du type d’anesthésie et de la situation du patient.
Certaines interventions peuvent être réalisées en ambulatoire.
D’autres justifient une hospitalisation d’une nuit..
Cette décision fait elle aussi partie d’une prise en charge personnalisée.
APRÈS LE LIFTING
Que se passe-t-il pendant les premiers jours ?

Un gonflement et des ecchymoses existent mais on arrive maintenant souvent à beaucoup les réduire et certaines patientes et certain patient sont présentable dès le lendemain. Cependant être gonflé ou avoir des ecchymoses n’a aucune importance négative sur le résultat final.
Une sensation de tension peut également être ressentie, notamment lorsque les structures profondes ont été repositionnées.
Le cou peut temporairement être moins mobile.
Les douleurs sont souvent très modérées, mais leur intensité varie d’un patient à l’autre.
Je préviens toujours mes patients qu’il ne faut pas juger le résultat pendant cette période.
Le visage immédiatement après l’intervention n’est pas le résultat définitif : c’est un visage postopératoire marqué par l’œdème, les ecchymoses et la cicatrisation.
Combien de temps faut-il pour être présentable ?
La récupération varie selon le patient et l’importance de l’intervention.
Une reprise sociale peut parfois être possible très vite mais peut prendre une à deux semaines, parfois il est préférable de prévoir davantage de temps. Je vous le préciserai à la consultation.
Un gonflement résiduel peut continuer à diminuer pendant plusieurs semaines.
Je distingue donc toujours :
le moment où l’on peut reprendre une vie sociale ;
et
le moment où le résultat est réellement stabilisé.
Ce ne sont pas les mêmes choses.
Combien de temps faut-il pour retrouver toute la sensibilité du visage ?
Une diminution temporaire de la sensibilité des joues et de la région située autour des oreilles est fréquente après un lifting.
Elle est notamment liée au décollement chirurgical des tissus.
Cette sensibilité revient progressivement et cette récupération peut prendre plusieurs mois.
RISQUES ET COMPLICATIONS
Quelles sont les principales complications d’un lifting ?
Comme toute intervention chirurgicale, un lifting comporte des risques.
L’une des principales complications précoces est l’hématome, c’est-à-dire une accumulation de sang sous la peau. Cela ne remet pas en cause le résultat final si le chirurgien fait le geste nécessaire.
D’autres complications son décrites : problèmes de cicatrisation, infection, nécrose cutanée, cicatrices anormales, troubles de la sensibilité, douleurs persistantes et, exceptionnellement, atteinte nerveuse.
Une information claire fait partie intégrante de la relation entre le chirurgien et le patient.
Une lésion du nerf facial est-elle possible ?
Les nerfs sensitifs sont temporairement affectés par le décollement des tissus, ce qui explique certaines sensations d’engourdissement sans gravité.
Une atteinte d’une branche motrice du nerf facial est exceptionnelle mais peut entraîner une faiblesse d’une région du visage le plus souvent transitoire..
Les cicatrices disparaissent-elles complètement ?
Non.
Une cicatrice même chirurgicale ne disparaît jamais totalement. Dans la grande majorité des cas, elle devient cependant très discrète avec le temps, notamment lorsqu’elle est bien positionnée dans les plis naturels et autour de l’oreille.
Les cicatrices évoluent pendant plusieurs mois. Elles peuvent être initialement rouges, rosées ou légèrement épaisses, puis elles ont tendance à s’aplatir, s’assouplir et s’éclaircir progressivement.
À terme, certaines cicatrices peuvent ne laisser qu’un très fin trait, parfois légèrement plus blanc que la peau environnante, qui devient souvent difficile à distinguer.
La qualité d’une cicatrice dépend de nombreux facteurs : la technique opératoire, son emplacement, la tension exercée sur la peau, mais aussi la manière propre à chaque patient de cicatriser et certains facteurs comme le tabagisme.
Exeptionnellement, une cicatrice peut rester plus épaisse, devenir boursouflée ou hypertrophique. Dans des cas exceptionnels, certains patients peuvent développer une cicatrice chéloïde, correspondant à une réaction cicatricielle excessive necessitant un traitement adapté.
Il faut donc retenir qu’une cicatrice ne disparaît jamais au sens strict, mais que la plupart des cicatrices d’un lifting deviennent, avec le temps, très discrètes.
LE RÉSULTAT
Combien de temps dure le résultat d’un lifting ?

Le résultat d’un lifting est durable, mais il n’est pas permanent.
L’intervention ne bloque pas le temps.
Le visage continue naturellement à vieillir après l’opération.
Je préfère donc ne pas promettre un nombre précis d’années.
La longévité du résultat dépend de nombreux facteurs : qualité de la peau, anatomie, âge, génétique, tabagisme, exposition solaire et variations de poids.
Pour moi, la question essentielle n’est pas uniquement de savoir combien d’années « dure » un lifting.
Il faut également regarder comment le visage continue à vieillir après l’intervention.
L’objectif est qu’il continue à évoluer naturellement à partir d’une architecture qui a été repositionnée.
Peut-on entretenir le résultat d’un lifting ?

Oui.
Un lifting ne bloque pas le vieillissement. Après l’intervention, le visage et la peau continuent naturellement à évoluer avec les années.
Pour moi, l’entretien commence avant tout par la préservation de la qualité de la peau. À ce titre, la protection solaire est essentielle. L’exposition répétée aux ultraviolets accélère le vieillissement cutané : elle favorise l’altération du collagène et de l’élastine, l’apparition des rides, des taches et une perte progressive de l’élasticité de la peau.
Je conseille donc une protection solaire régulière, particulièrement pour le visage, associée à une exposition raisonnable au soleil. C’est probablement l’une des mesures les plus simples et les plus importantes pour préserver la qualité de la peau au fil des années.
L’hygiène de vie intervient également : éviter le tabac, limiter les variations importantes de poids et prendre soin de sa peau contribuent à préserver le résultat dans le temps.
Lorsque cela est indiqué, certains traitements complémentaires peuvent également accompagner le vieillissement du visage : toxine botulique, acide hyaluronique, lipofilling, peelings ou autres traitements destinés à améliorer la qualité de la peau.
Là encore, je préfère une approche raisonnée. L’objectif n’est pas de multiplier les traitements ni de chercher à figer le vieillissement, mais d’accompagner son évolution en préservant autant que possible l’équilibre, le naturel et la qualité de la peau.
Entretenir un lifting, ce n’est donc pas refaire constamment quelque chose au visage : c’est d’abord protéger ce que l’on a obtenu et continuer à prendre soin de sa peau.
LE NATUREL AVANT TOUT
Qu’est-ce qu’un résultat vraiment naturel pour moi ?

Pour moi, le naturel ne signifie pas simplement « ne pas trop tirer ».
Il signifie que toutes les régions du visage restent cohérentes entre elles.
Une ligne mandibulaire extrêmement tendue associée à des pommettes très creusées peut paraître artificielle.
Un cou parfaitement corrigé associé à des bajoues persistantes peut manquer d’harmonie.
Des paupières très rajeunies alors que le reste du visage demeure beaucoup plus marqué peuvent également créer un contraste.
C’est pourquoi je raisonne toujours sur le visage dans son ensemble.
Mon objectif n’est pas d’effacer tous les signes du temps.
Je ne cherche pas à supprimer chaque ride ni à transformer un visage.
Je cherche à restaurer les lignes et les volumes qui se sont modifiés sans supprimer son identité.
Le patient doit continuer à se reconnaître.
Son entourage doit également continuer à le reconnaître.
Le visage peut paraître plus reposé, plus frais, plus jeune et plus harmonieux, mais il doit rester son visage.
Quel est finalement mon objectif lorsque je réalise un lifting ?
Pour moi, un bon lifting est la rencontre de la science, de la technique, de l’expérience et du sens esthétique.
La science me permet de comprendre l’anatomie et les mécanismes du vieillissement.
La maîtrise technique me permet de disposer de plusieurs solutions : lifting du SMAS, High-SMAS, Deep Plane, lifting cervico-facial, lifting temporal, chirurgie du cou, platysmaplastie, liposuccion, lipofilling, blépharoplastie et autres procédures complémentaires.
L’expérience me permet de choisir entre ces différentes possibilités et d’anticiper ce que je peux raisonnablement obtenir pour un visage donné.
Mais le sens esthétique me permet de décider quoi corriger, dans quelle proportion et jusqu’où aller.
Enfin, il reste un élément essentiel : le patient.
Ses attentes, ses goûts, ce qu’il aime dans son visage et ce qu’il souhaite préserver participent à la construction du résultat.
Je ne considère donc jamais le lifting comme une intervention standardisée.
Le meilleur lifting est celui que je conçois pour le visage que j’ai devant moi.
Ma conception du lifting en quatre principes
ANALYSER
Je commence toujours par le visage.
Je cherche à comprendre précisément ce qui relève de l’affaissement, de la perte de volume, d’un excès graisseux, du relâchement musculaire, de la qualité de la peau ou de plusieurs phénomènes associés.
J’évalue également le potentiel anatomique du visage afin de pouvoir expliquer au patient ce que je pense pouvoir raisonnablement obtenir.
MAÎTRISER
Je considère qu’un chirurgien qui veut proposer une véritable chirurgie sur mesure doit maîtriser les différentes techniques de lifting et les principales interventions qui peuvent leur être associées.
Cette maîtrise donne la liberté de choisir.
Si l’on ne possède qu’un seul outil, on risque de vouloir l’utiliser pour tous les visages.
PERSONNALISER
Je construis l’intervention en fonction de l’anatomie, des proportions, du mode de vieillissement et des attentes du patient.
Chez l’un, le geste essentiel sera le repositionnement profond des tissus.
Chez un autre, la liposuccion du cou sera déterminante.
Chez un autre encore, il faudra restaurer les volumes par lipofilling ou associer une blépharoplastie.
Je ne cherche pas simplement à savoir quelle opération je peux réaliser.
Je cherche à savoir quelle intervention est la plus adaptée à ce patient précis.
PRÉSERVER
Enfin, mon objectif est toujours de préserver l’identité, les expressions et l’harmonie du visage.
Je recherche une correction suffisamment efficace pour obtenir un véritable rajeunissement, mais suffisamment mesurée pour que le résultat reste naturel.
En chirurgie esthétique, savoir faire est indispensable. Savoir quoi faire et jusqu’où le faire l’est tout autant.
C’est là que la technique rencontre l’expérience et le sens artistique.
Le meilleur résultat n’est pas celui qui se remarque le plus. C’est celui qui paraît naturel au point que l’intervention elle-même ne se remarque pas.
C’est finalement ainsi que je conçois le lifting du visage : une chirurgie très technique, mais jamais standardisée ; une chirurgie pensée pour chaque visage, associant lorsque cela est nécessaire lifting, liposuccion, lipofilling, blépharoplastie ou chirurgie du cou ; et une recherche constante du meilleur résultat possible, dans le respect du naturel et de l’identité du patient.

Professeur Maurice Mimoun